Services administratifs au Sénégal

Services administratifs au SénégalLa recherche de papiers administratifs reste toujours un casse-tête pour les populations, même en ce troisième millénaire.

Les gens sont obligés de perdre des heures, parfois même de patienter des semaines, juste pour le dépôt de dossiers ou le retrait d’un papier administratif, dans les services déconcentrés de l’Etat. Une lenteur administrative que d’aucuns expliquent par les cas de retard enregistrés par les agents, alors que d’autres fustigent leur système de travail. Une situation que beaucoup de gens ont déploré hier, mardi, 11 février au Centre d’Etat civil des Parcelles Assainies.

Les lenteurs administratives et les retards des agents de la fonction publique à leurs postes de travail restent toujours d’actualité au Sénégal. Non seulement les préposés à la tâche sont en retard, mais aussi leur système de travail laisse à désirer. En atteste le désordre qui a régné hier, mardi 11 février, au centre d’Etat Civil des Parcelles assainies, occasionnant des frustrations de la part des usagers.

En effet, jusqu’à 9h, le travail n’avait pas encore démarré car les agents n’étaient pas encore à leurs postes. Une longue file d’attente se forme alors dans les locaux. Les signes d’impatience apparaissent petit à petit sur les visages accompagnés de petites grognes de mécontentement. Lassés d’attendre, et pressés de se rendre à leur boulot ou d’aller vaquer à leurs occupations, certains prennent d’assaut les guichets, obstruant ainsi le passage. Vers 9h15mn, se pointe alors un agent, au guichet N°4.

 

Ce dernier, chargé d’enregistrer les déclarations de naissance, et de fournir en même temps les extraits, est assailli par les gens qui cherchent des informations et ceux qui veulent déposer au plus vite. Pour mettre de l’ordre dans la salle, l’agent préposé à cette tâche entre alors en action pour demander aux gens de suivre le rang et de patienter.

 

Fatigué de répéter, à ceux qui rouspètent et qui encombrent les guichets, qu’il faut s’assoir, il lance «s’il y a une personne pressée, elle n’a qu’à prendre ses dossiers et attendre le jour qu’elle aura le temps pour venir déposer, car ici il faut la patience». Des propos qui ont fait déborder le vase de patience et de maitrise des nombreuses personnes venues depuis 7h chercher des papiers administratifs.

Un monsieur, la quarantaine passée, s’offusque des propos tenus par l’agent et lance : «il ne faut pas dire cela, car c’est vous qui ne travaillez pas». Très remonté contre l’arrogance de l’agent, il déclare : «vous faites perdre plus d’une heure de temps à 100 personnes pour juste un dépôt, voila le résultat que ça donne». Un bruit d’approbation se lève dans la salle d’attente, créant ainsi une atmosphère tendue. Comme un seul homme, tout le monde se met à dire que le monsieur a raison et que ces derniers ne méritent pas le salaire qu’on leur paye.

 

Les témoignages fusent de partout. Une dame, la trentaine, s’offusque : «j’ai déposé mon dossier depuis plus de quinze jours, mais je ne parviens toujours pas à le retirer». Une autre, à peu prés le même âge, renseigne qu’elle a déposé depuis le mercredi pour un extrait, et qu’il lui a été notifié de passer le lundi pour récupérer le papier.

 

Hélas, le lundi on l’informe que son extrait n’est pas encore prêt. C’est la raison pour laquelle elle s’est présentée le mardi matin pour retirer si possible son papier, explique-t-elle. Une situation déplorable que certains ne comprennent pas, car disent-t-ils, «comment se fait-t-il, qu’on mette autant de temps pour juste une signature, alors que la personne qui doit signer le papier est sur place ?».

Après deux tours d’horloge d’attente, le monsieur, qui a rétorqué sévèrement l’agent et qui s’est par la suite présenté sous le nom de M. Badji, réclame ses papiers pour aller voire ailleurs. Une demande que l’agent du guichet N°4, Ousmane Diop, a refusé d’exécuter. Il a par conséquent traité au plus vite le dossier de M. Badji afin d’éviter l’irréparable, car ce dernier était hors de lui. Un traitement de faveur qui n’a pas plu à un autre monsieur, qui prétend être là avant M. Badji et se désole que, «au Sénégal il faut faire du bruit pour qu’on te prenne au sérieux».

Il faut toutefois noter que, si d’aucuns accusent le retard des agents du centre, car l’heure de dépôt étant prévu pour 8h30mn, comme indiqué sur l’affiche, d’autres par contre fustigent le mauvais système de travail. En effet, la personne chargée d’enregistrer les déclarations de naissance, déjà nombreuses, se charge en même temps de la fourniture des extraits de naissance, sans oublier qu’il soit obligé, par moment, d’arrêter son travail pour renseigner les nombreuses sollicitations d’informations.

 

La personne supposée donner des renseignements aux usagers et de les orienter au niveau des quatre guichets que comptent le centre, n’est pas à son poste. Ce dernier se trouve à l’intérieur d’un de ces guichets, et veut informer les gens à partir du guichet. Résultat, tous ceux qui entrent dans la salle se dirigent directement à ce guichet créant ainsi un embouteillage de personnes devant le guichet et obstruant le passage à ceux qui suivent le rang.

Une lenteur administrative et un désordre total que beaucoup ont fustigé, et se demandent au même moment «où est passé la rupture tant prônée par les autorités du pays?»

 

Jean Michel DIATTA

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Écrit par  mercredi, 12 février 2014 10:29

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