Repères chronologiques sur la géopolitique du Sénégal

1857
Fondation de Dakar, point de départ de la conquête coloniale.

1895
Création de l’Afrique Occidentale Française (AOF).

1895-1902
Exil de Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur du Mouridisme, au Gabon.

1902
Dakar devient la capitale de l’AOF.

1903-1907
Exil de Cheikh Ahmadou Bamba en Mauritanie.

1906
Début de la construction du chemin de fer Dakar-Niger.

1914-1918
Première Guerre Mondiale : des milliers de Sénégalais sont enrôlés.

1923
Achèvement de la ligne de chemin de fer Dakar-Niger.

1927
Mort de Cheikh Ahmadou Bamba.

1939
Deuxième Guerre Mondiale : enrôlement de troupes sénégalaises dans l’armée française.

1944
Mutinerie au Camp Thiaroye, dans la ville du même nom, dans la banlieue de Dakar, le 1er décembre, de soldats sénégalais réprimée de manière sanglante.

1946
Léopold Sédar Senghor : « … En 1946, je proclamais, en France, notre volonté d’indépendance, au besoin « par la force », mais, en même temps, notre volonté d’entrer dans une communauté de langue française « . (Liberté 3, p. 80).

1948
Novembre : Léopold Sédar Senghor émet le vœu de voir se créer « un Commonwealth à la française ».

1958
Léopold Sédar Senghor qui, dès le mois de juin, est l’un de ses ministres-conseillers de De Gaulle, renouvelle son vœu de 1948 alors que le Général s’apprête à lancer son projet de Communauté franco-africaine. Ainsi s’impose, dès la fin des années 1950, l’idée d’une Francophonie, « fille de la liberté et sœur de l’indépendance », rassemblant, autour de la langue française, les pays libérés de la tutelle coloniale.

1958
Dissolution de l’AOF et transfert de la capitale du Sénégal de Saint-Louis à Dakar

1959
Assemblée fédérale du Mali (Soudan et Sénégal). Léopold Sédar Senghor en est le président.

1960
Le 4 avril, signature à Paris de l’accord d’indépendance du Sénégal et du Soudan Français (actuel Mali) au sein de la Fédération du Mali. Le 4 avril est la date officielle retenue par le Sénégal pour célébrer l’anniversaire de l’Indépendance du pays.
Le 20 juin 1960 marque l’indépendance effective de la Fédération du Mali avant son éclatement le 20 août 1960, en raison des divergences entre le Sénégal et le Mali. Le 31 août 1960, Léopold Sédar Senghor est élu Président de la République du Sénégal et Mamadou Dia devient le Premier Ministre.

1962
En décembre, une crise constitutionnelle entraîne l’arrestation et l’incarcération de Mamadou Dia.

1963
Création de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) dont le Sénégal est un membre fondateur. Inauguration de la Grande mosquée de Touba, la ville sainte de la confrérie des Mourides. Le 3 mars 1963, approbation de la Seconde Constitution qui instaure un régime présidentiel.

1966
Premier festival mondial des arts nègres à Dakar.

1968
Réélection du Président Léopold Sédar Senghor ; à Dakar, mouvements lycéens et étudiants suivis par les syndicats.

1969
Le 25 septembre, création de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) dont le Sénégal est l’un des pays fondateurs.

1969
Janvier : intervenant sur le thème : « La Francophonie comme contribution à la Civilisation de l’Universel », Léopold Sédar Senghor affirme que la langue française, tout en aidant à « l’éclosion de la Négritude », a vocation à fonder un grand projet politique, « [à] édifier, entre nations majeures, une véritable communauté culturelle (…). L’heure est désormais à la coopération. La Francophonie n’est pas une idéologie ; c’est un idéal qui anime des peuples en marche vers une solidarité de l’esprit » (Liberté 3, p.193-194).
En vue de « donner un nouvel élan à [ce] grand dessein », se tient, du 17 au 20 février, la Conférence de Niamey. Sous l’impulsion notamment de Hamani Diori, Habib Bourguiba et Léopold Sédar Senghor, respectivement présidents du Niger, de la Tunisie et du Sénégal, les pays francophones affirment à cette occasion le besoin de se doter d’un instrument de coopération interne.

1970
Approbation par référendum de la troisième Constitution qui restaure le poste de Premier ministre auquel Abdou Diouf est nommé.
Le 20 mars 1970, le Sénégal participe à la création, à Niamey, de l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT, future Organisation internationale de la Francophonie).

1971
Colloque sur la Négritude à Dakar sous l’initiative de Léopold Sédar Senghor.

1972
Réforme territoriale et création des communautés rurales ; sécheresse.

1974
1er janvier : naissance officielle de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CDEAO) ; libéralisation progressive du régime, amnistie des prisonniers politiques dont Mamadou Dia ; création du Parti Démocratique Sénégalais (PDS) par Abdoulaye Wade ; transfert du siège de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) de Paris à Dakar.

1976
Le multipartisme politique est autorisé au Sénégal.

1978
Élections législatives et présidentielles : Léopold Sédar Senghor est réélu.

1980
Le 31 décembre, le Président Léopold Sédar Senghor quitte volontairement le pouvoir et Abdou Diouf lui succède.

1981
En juillet, tentative de coup d’Etat en Gambie ; intervention de l’armée sénégalaise et création par suite de la Confédération de Sénégambie.

1982
Création du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC).
26 décembre : manifestations pour l’indépendance de la Casamance.

1983
Élection d’Abdou Diouf à la présidence du Sénégal ; en décembre, début du conflit en Casamance.

1988
Réélection contestée d’Abdou Diouf, violents affrontements entre les forces de l’ordre et les manifestants.

1989
Conflit sénégalo-mauritanien le long de la frontière ; dissolution de la Confédération de la Sénégambie.

1991
Participation des militaires sénégalais à la Première guerre du Golfe, plus de 70 Sénégalais y perdent la vie ; le Sénégal organise le 6e sommet de l’OCI.
31 mai : premier cessez-le-feu en Casamance.

1994
Janvier : dévaluation du Franc CFA, qui perd 50% de sa valeur.

1996
Lois sur la régionalisation et le transfert des compétences vers les collectivités territoriales.

2000
Alternance politique, élection de Me Abdoulaye Wade à la présidence, mettant ainsi fin à 40 ans de règne des socialistes.

2001
Mort du Président Léopold Sédar Senghor, membre de l’Académie française, en France. Lors de son enterrement au Sénégal, la France est représentée seulement par un secrétaire d’Etat. Les Sénégalais condamnent et considèrent cette attitude comme du mépris.

2002
Création de l’Union africaine (UA) dont le Sénégal est l’un des pays fondateurs. Naufrage du bateau le Joola qui assurait la liaison entre Ziguinchor (en Casamance) et Dakar. À ce jour, ce naufrage reste la plus grande catastrophe maritime contemporaine avec plus de 1 600 victimes, donc plus que le Titanic.

2004
10 décembre : abolition de la peine de mort.
30 décembre, accord de paix en Casamance.

2007
Réélection d’Abdoulaye Wade ; fort boycott de l’opposition lors des élections législatives ; novembre 2007 : émeutes « de la faim » à Dakar.

2008
11e sommet de l’OCI à Dakar ; manifestation des étudiants et élèves de Kédougou, dans l’extrême sud-est du pays, riche en minerais, réclamant des emplois, tourne à une émeute. Plusieurs bâtiments appartenant à l’Etat sont incendiés (sous préfecture, brigade de la gendarmerie, les bureaux de l’urbanisme…) ; on dénombre un mort par balle et plusieurs blessés graves.

2009
Élections municipales, régionales et rurales ; l’opposition remporte plusieurs grandes villes dont la capitale Dakar.
Septembre : depuis Washington, sur les ondes de radio « Washington la Voix de l’Amérique « , Abdoulaye Wade, 83 ans, annonce sa candidature pour un troisième mandat présidentiel en 2012.

Novembre 2009
L’ambassade américaine au Sénégal fait état de rumeurs concernant la préparation d’un nouvel amendement à la Constitution, dont l’objectif serait la suppression du second tour des élections présidentielles, afin de permettre la victoire d’Abdoulaye Wade en 2012.
Cette mesure serait liée à la défaite de la majorité présidentielle aux élections locales 2011. La succession du Chef de l’Etat par son fils est directement évoquée, à plusieurs reprises et dans différents documents, par l’ambassade américaine à Dakar.

Octobre 2010
Le ministère de l’énergie est ajouté aux nombreux portefeuilles ministériels détenus par Karim Wade, le fils du Président, qui gère ainsi un quart du budget national du Sénégal. Cette situation fait de Karim Wade un premier Ministre bis.

Novembre 2010
La légalité de la candidature d’Abdoulaye Wade aux élections de 2012 fait débat. L’ancien Premier Ministre, Idrissa Seck, après avoir consulté des constitutionalistes sénégalais, demande l’avis d’un spécialiste français en la matière, Guy Carcassonne. Ce dernier, après une analyse de la Constitution du Sénégal, conclut à l’irrecevabilité de la candidature d’Abdoulaye Wade en 2012 après deux mandats (2000 à 2007 et de 2007 à 2012).

10 au 31 décembre 2010
3ème Festival Mondial des Arts Nègres (FESMAN)

27 mai 2011
À Deauville, lors du sommet du G8 où le Président Abdoulaye Wade est invité, la chaîne de télévision France 24 montre des images du Président Sarkozy qui présente Karim Wade, le fils du Président sénégalais, à Obama. Cette vidéo choque nombre de Sénégalais et apparaît comme la consécration d’une volonté de « dévolution monarchique » du pouvoir.

9 juin 2011
Le Président d’Abdoulaye Wade, sans l’avis de l’Union africaine, se rend à Benghazi (fief des rebelles) en Libye. Il y tient un discours hostile à Kadhafi et demande à ce dernier de quitter le pouvoir. Or, Kadhafi fut l’un des rares chefs d’Etat à se rendre à Dakar lors du 3e Festival Mondial des Arts Nègres. On ne sait si cette visite et la position exprimée à cette occasion est une conséquence des entretiens de Deauville.

Juin 2011
Abdoulaye Wade tente de faire voter une réforme constitutionnelle bouleversant la règle électorale. Dans sa première version, celle-ci propose d’une part, le principe d’un « ticket » présidentiel (Président/Vice-Président) éligible au premier tour avec seulement 25% des suffrages exprimés, et, d’autre part, la succession du Président jusqu’au terme de son mandat par le Vice-Président, en cas de vacance du pouvoir. Si le Vice-Président élu sur le « ticket » présidentiel, frappé de mauvaise fortune, venait à démissionner ou disparaître, le Président serait en droit de nommer son remplaçant. Donc ce dernier, en cas de démission ou de décès du Chef de l’Etat, deviendrait Président sans jamais avoir été élu. L’expression « dévolution monarchique du pouvoir » est alors le sujet de conversation favorite des Sénégalais. Même les partisans d’Abdoulaye Wade semblent atterrés par un tel projet.

23 juin 2011
Les Sénégalais dénonçant ce projet font le siège devant l’Assemblée nationale le jour du vote. Des scènes de violence éclatent partout au Sénégal. À la suite de débats houleux et sous la pression de la rue, la majorité présidentielle à l’Assemblée Nationale, par la voix de son chef de file Doudou Wade, par ailleurs neveu du Président de la République, refuse d’endosser la responsabilité du vote et s’en remet au gouvernement. Le pouvoir recule : le projet de loi est retiré.
Ce jour marquera la naissance du « mouvement du 23 juin » qui regroupe les forces vives de la Nation et de l’opposition. Ce mouvement milite contre la candidature de Maître Abdoulaye Wade à la magistrature suprême qu’il juge irrecevable.

27 juin 2011
Une nuit d’émeute éclate dans certains quartiers populaires privés d’électricité.

3 juillet 2011
Karim Wade, Ministre d’Etat en charge de l’énergie, des infrastructures, de la coopération internationale, des transports aériens et de l’aménagement du territoire, publie une lettre ouverte aux Sénégalais où il réfute toute idée de dévolution monarchique.

6 juillet 2011
Au cours d’une interview, Robert Bourgi, figure emblématique de la « Françafrique », affirme avoir reçu un appel téléphonique dans la nuit du 27 au 28 juin 2011, alors que des émeutes font rage à Dakar, de Karim Wade, affolé, lui demandant d’intercéder auprès des autorités françaises afin d’obtenir une intervention de l’armée française. Mais Karim Wade réfute la véracité des propos de M. Bourgi.

Octobre 2011
Le conseil rural de Fanaye, village situé dans la région du fleuve Sénégal, décide d’octroyer 20 000 hectares à des investisseurs italiens. Cette décision est perçue, par des habitants de cette localité, comme une spoliation. Pour appuyer des manifestations contre le projet, certains ressortissants de cette commune, établis en Afrique centrale ou en Europe, reviennent. Le 26 octobre 2011, les manifestations à Fanaye font deux morts et des blessés graves. Pour calmer les populations, le Président Abdoulaye Wade suspend le projet.

20 novembre 2011
Les rebelles en Casamance prennent pour cible une trentaine de jeunes chercheurs de bois. Le bilan est lourd : 11 morts par balle, trois blessés graves et plusieurs disparus.

Novembre 2011
Le 21 novembre 2011, le camp du Président Abdoulaye Wade réunit à Dakar un séminaire d’une vingtaine de « spécialistes » étrangers, dont des Français, des Américains, des Africains et quelques Sénégalais. Ce séminaire, retransmis en direct à la télévision publique durant toute la journée du 21 novembre, conclut que la candidature de Abdoulaye Wade est recevable.

1er Décembre 2011
« Benno Siggil Sénégal », la coalition de partis d’opposition, principal vainqueur des élections locales de 2009, élit Moustapha Niasse comme leur candidat unique au détriment d’Ousmane Tanor Dieng, Secrétaire général du PS. Malgré ce résultat, Ousmane Tanor Dieng décide annonce sa candidature à l’élection présidentielle du 26 février 2012, arguant qu’il est le candidat légitime de la coalition puisqu’en 2007 il a rassemblé 14% des voix lors des élections présidentielles contre 5% pour Moustapha Niasse. Cette décision du PS de faire cavalier seul après 2 ans de collaboration marque l’éclatement la coalition.

26 février 2012
Premier tour des élections présidentielles (sachant qu’un second tour n’est pas certain).

Juin 2012
Législatives au Sénégal.

 

Laisser un commentaire